Arabie saoudite: le prince héritier Mohammed ben Salmane plus isolé que jamais

« Un tigre de carton. » L’image utilisée par cet homme d’affaires libanais familier des palais du Golfe pour représenter Mohammed ben Salmane (MBS) est sans appel. L’omnipotent prince héritier et ministre de la Défense saoudien, qui menaçait en 2017, vidéo Youtube à l’appui, de ne pas attendre « que la guerre atteigne l’Arabie saoudite » mais de porter le combat « en Iran même », subit aujourd’hui un cruel retour de flamme. « Il s’est ridiculisé aux yeux du monde à tous les niveaux : politique, diplomatique et bien sûr militaire », observe Joseph Bahout, chercheur invité à la Fondation Carnegie et spécialiste du Moyen-Orient.

Dotée du troisième budget militaire du monde, la monarchie wahhabite a été incapable de parer l’attaque qui a frappé dans la nuit du 14 septembre le symbole absolu de sa puissance. En ciblant la plus grosse raffinerie du royaume, à Abqaiq, dans l’est du pays, et le champ pétrolier voisin de Khurais, les assaillants ont provoqué l’interruption de 50 % de la production saoudienne, soit environ 6 % de l’approvisionnement mondial. Un « acte de guerre », comme l’ont qualifié les Etats-Unis, qui a entraîné une envolée historique des cours de l’or noir, depuis contenue.

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